Esport x Akiani : à l'attaque de League of Legends

AuteurYannick Daviaux
Date30 janvier 2020
Temps de lecture3 minutes

League of Legends : un beau terrain de jeu en Esport

Une agence de design par les usages qui s’intéresse à League of Legends ? Et oui ! L’essence de notre activité est d’étudier l’usager dans son interaction avec son environnement. Et, appliqué au cas du esport, de comprendre les leviers de la performance du joueur dans son jeu de prédilection.

Esport : joueur de dos en train de jouer à LOL

Voilà donc 1 an que ce projet a débuté par une immersion à la Gaming Academy de Lyon, parmi une équipe de joueurs de haut niveau et leurs coachs. Une semaine d’échanges nous a permis d’identifier un des enjeux à optimiser dans l’entrainement.

D’un côté, les joueurs aimeraient jouer davantage alors qu’ils réalisent déjà des compromis sur leur vie sociale. De l’autre, les coachs insistent sur des temps de récupération adéquats. Mais également des aspects nutritionnels, et l’importance de pratiquer activité physique et préparation mentale entre facteurs non-exhaustifs. L’optimisation des temps d’entrainements revêt donc un intérêt de taille pour ménager les ambitions des joueurs et de leurs entraineurs.

L’amélioration de la performance dans le viseur

Chez nos joueurs compétiteurs, une part majeure de l’entrainement consiste à identifier seul ou avec leur coach les temps forts et les temps faibles pour mieux cibler leur entrainement.

Esport : joueur de dos en train de jouer à LOL observé par un membre de l'agence

Les joueurs rapportent que leurs temps faibles sont identifiables au moment où ils réalisent une action donnée à la place d’une action plus pertinente. Alors même qu’ils étaient conscients de l’existence de cette action alternative et pertinente.

L’action de “greed” dans League of Legends est un bon exemple. Le joueur collecte de manière systématique des ressources pour son personnage, plutôt que d’épauler ses partenaires dans des actions collectives. Les joueurs expliquent qu’ils se sentent comme “attirés” par cet objectif à court terme. (À noter qu’agir à court terme n’est pas pertinent dans ce cas-ci, bien que cela puisse l’être dans d’autres situations).

Plusieurs joueurs installés dans leur fauteuil devant leur pc

Ainsi, un bon moyen de pouvoir aider coachs et joueurs réside en l’identification et l’objectivation des états cognitifs liés à ce comportement délétère à la performance. Et c’est là qu’on arrive avec nos gros sabots : qui dit cognition et objectivation dit mesure psycho-physiologiques !

Des capteurs et des joueurs d’Esport

Et oui Jamy, les signaux physiologiques tels que la sudation de la peau (activité électrodermale), la fréquence cardiaque, et la dilatation pupillaire sont des indicateurs connus permettant théoriquement de détecter les états cognitivo-émotionels dans des situations opérationnelles (Glaholt, 2014 ; Schachter, S., & Singer 1962 ; Wilson 2002)**.

Esport : Une main avec un capteur sur les doigts

Par détection des états cognitifs, nous entendons donc ici détection des processus englobant la charge de travail, l’implication à la tâche, la vigilance, l’attention, et les états émotionnels.

En bref, l’idée est donc de déterminer quels sont les états cognitifs relatifs aux temps faibles, et fournir sur cette base une information permettant de mieux s’entrainer et mieux échanger avec leurs coachs.

Test sur un joueur

On avait dit « les coulisses », pas « l’intégralité du projet » ;)

Cette première immersion a été suivie par près de 120h de mesures chez 38 joueurs de l’Education Gaming School de Bordeaux. 200 Go de data physiologiques et cognitives, de vidéos, et de photos viennent de sortir du four… De quoi bien s’amuser ! Si le domaine du sport vous intéresse également, on vous conseille notre article sur le football et le cerveau.

Si vous voulez en savoir encore plus, n’hésitez pas à nous contacter !

Joueur avec des lunettes d'eye-tracking

Lexique du Esport

* Phrase du lancement de jeu pour chaque partie dans League of Legends
** En effet, ces signaux sont des témoins de l’activité du système nerveux autonome, dont les afférences projettent vers les structures limbiques dépendantes des aires corticales impliquées dans les processus cognitifs et émotionnels (Cacioppo, 2000).

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