Tout changer, sans tout changer. Et finalement, on a tout changé
Prendre la décision de changer son site, c’est un peu comme quand on est ado et qu’on décide de changer intégralement la déco de sa chambre. C’est une question esthétique certes, mais c’est aussi dire au monde qu’on a changé, qu’on fait des choses différentes. Quelque part, qu’on a grandi.
Ça, c’était le point de départ de la réflexion : il y avait l’envie simple de changement, après 6 ans passés en compagnie de notre précédent site. Et puis le fait d’assumer plus franchement qui on est aujourd’hui, ce qu’on est devenu, après 13 ans d’existence.
Et sur le “ce qu’on est devenu”, il y avait des choses sur lesquelles on était de moins en moins à l’aise. Quelque part, le fameux adage “les cordonniers les plus mal chaussés”. On n’était pas si mal chaussés, mais on ne présentait plus les meilleures chaussures. Et puis, c’était bien beau de conseiller à nos clients de faire des sites performants, accessibles, utilisables, écoconçus, le tout avec des designs top… mais il était temps de suivre nos propres conseils et d’essayer de montrer l’exemple.
On a donc tout changé, et on a pris le temps de rédiger ce petit article pour vous parler un peu de cette nouvelle direction artistique, nos choix, nos idées, nos décisions, notre tonalité. Bref, vous parler de comment on a fait tout ça.
Le fond bleu et le logo de 2020 laissent place à un fond noir où une main tracée en jaune citron marche vers le logo. L’accueil de 2026 se déploie ensuite : « Simplifier la complexité », nos trois expertises, puis la phrase « Du sens à l’usage. De l’usage à l’émotion. » et, pour finir, le logo sur fond blanc.
Un parti pris créatif : l’équilibre entre rigueur et créativité
Le projet a démarré l’an dernier avec un tour d’horizon de nos clients, pour comprendre comment ils nous voient. Une quinzaine d’entretiens individuels pour identifier ce qui fonctionnait dans le site précédent et ce qui devait être amélioré.
Il nous est vite apparu que quelque chose d’important dans notre identité, à nous comme eux, c’était de pouvoir bien faire ressortir un contraste qui nous caractérise plutôt pas mal : l’équilibre entre la rigueur de notre approche et le caractère humain de notre posture. L’académique et le créatif. Le scientifique et l’artistique.
Et ce point d’équilibre, il n’est pas si simple à rendre au travers d’une identité.
Pour rendre la rigueur de l’académique, on s’est d’abord tournés vers la typographie. Avec un choix de police à empattement (serif) dans nos textes de paragraphe, on voulait renvoyer aux codes des revues scientifiques, des journaux, du formel. Le contraste avec le créatif, on l’a joué en utilisant une police de titrage sans serif. Beaucoup plus dans les codes du web, du numérique en général, plus impactante également. L’opposition des styles, donc.
Les lettres, les chiffres puis l’alphabet complet défilent en Red Hat Display, puis en Source Serif, la police à empattement de nos paragraphes, cerclée de jaune citron.
Même défilé de lettres, de chiffres et d’alphabet avec Lack, notre police de titres de 2020, puis avec Figtree, la police sans serif de nos titres, cerclée de jaune citron.
La gamme chromatique devait traduire le même équilibre. On était attachés aux couleurs de notre précédente charte, notre « ardoise » et notre « pacifique », mais niveau accessibilité c’était pas ça. Donc on a commencé par décliner notre camaïeu de bleus en quelque chose d’accessible. Un blue bolt, un bubble blue. Ça, ça définit un univers rassurant. Il manquait la petite touche créative. Alors, comme on met un peu de piment dans un plat qu’on voudrait relever, on a ajouté ce jaune, electric lime, en se disant que ce zeste de citron viendrait chatouiller la rétine.
Des aplats de couleur se superposent, puis chaque carte de la palette s’affiche avec son nom, son code hexadécimal et son ratio de contraste : blue bolt, blue bubble, white, coal. Une dernière planche réunit les cinq couleurs, electric lime et cantona comprises.
Il fallait ensuite combiner tout ça. Utiliser les aplats de couleurs simples, des lignes fortes, des blocs solides. Une direction artistique qui joue sur une structure de page rigoureuse et épurée. Cette structure un peu formelle, c’est ce qui fait ressortir la touche d’humain, de créativité, par contraste.
Une vue d’ensemble de nos gabarits de document, avec du texte factice : couvertures, sommaires, pages de texte en serif, intercalaires numérotés, organigramme et calendrier. On zoome ensuite sur une page, où un titre en Figtree est entouré d’un trait jaune citron.
La rupture avec la rigueur des formes, elle vient des dessins faits à la main et de l’utilisation du lime. Les cadres, les lignes, tous ces filets qui mettent en avant une structure et un chemin menant à une idée, on les casse avec ces coups de pinceau bruts et maladroits.
Et parce qu’un site, c’est aussi continuer à le faire vivre, faire du centré utilisateur, c’est s’interroger sur les usages des deux côtés de l’écran. Tout le monde contribue au site, aux supports présentés à nos clients, et il faut se le dire, dans l’équipe, on n’a pas que des artistes (ce qui a été prouvé après quelques parties non partageables de Gartic Phone). Ces petits dessins, ces doodles, nous permettent d’amener un peu de nous dans notre site, et ce, même sans savoir bien dessiner (même si on vous avoue que la team UI repasse un peu derrière pour corriger les éventuels débordements…).
Continuer à mettre un peu de nous
Un autre endroit où on met un peu de nous, c’est le hero du site, la première partie que l’on voit donc. Les photos, elles ont toutes été prises par l’équipe, en vacances, en week-end, pas au boulot. Des photos qu’on trouvait belles et qu’on a voulu valoriser, en les hybridant avec nos petits dessins, on a voulu les amener sur le terrain de notre métier : l’observation, la traduction, l’interaction. Dans nos têtes, c’était une forme de prolongement de notre page équipe où on affiche des photos de nous enfants, qui plaisait tellement à nos clients qu’on en a conservé le principe. Parce que notre agence, elle fonctionne bien par qui on est et d’où on vient, et par ce qu’on met de nous personnellement chaque jour.
Sur une photo prise par l’équipe, la main se dessine image par image, comme sur l’accueil du site.
Mais aussi un changement dans le ton
Parce que le changement ne passe pas que par nos couleurs, nos typos ou nos petits dessins, c’est aussi par notre manière de nous exprimer. On s’est toujours permis une liberté de ton complète avec nos clients. On parle en réunion comme on parle entre nous. On fait du conseil certes, c’est notre métier, mais notre manière de parler n’a jamais été celle de cabinets ou d’entreprises de conseil.
On dit ce qu’on pense, comme on le pense. C’était le cas sur nos réseaux sociaux. Ça l’est à présent partout sur notre site. On évitera autant que possible le verbiage à la mode, la sémantique consulting qui horripile tout le monde. On essaie de dire les choses simplement.
Avant : Nous accompagnons nos clients dans leur transformation digitale grâce à une approche holistique centrée utilisateur.
Après : On aide nos clients à rendre leurs services plus simples à utiliser.
Une phrase de jargon de conseil est barrée d’un trait, et sa version simple apparaît en dessous.
Et le mot d’ordre sur le site comme ailleurs : on ne prétend rien qui ne puisse être montré ou démontré.
De l’éco-conception, de l’accessibilité et des contraintes techniques
Enfin, parce qu’on l’a dit et répété à nos clients ces dernières années, on voulait aussi prouver qu’on pouvait avoir un site éco-conçu, accessible et ergonomique sans sacrifier l’esthétique. Il y a bien sûr des animations, quelques vidéos, des visuels, il faut bien montrer ce qu’on sait faire. Mais avec parcimonie et dans le respect des normes et bonnes pratiques qu’on prône. Tout a été conçu en regard du RGAA, du RGESN, de mesures de performance, d’Opquast et bien sûr des critères d’utilisabilité classiques du domaine (Bastien et Scapin, Nielsen, etc.).
On a mis en ligne nos déclarations d’écoconception et d’accessibilité pour être le plus transparent possible là-dessus (“show, don’t tell” !).
Mesuré le 24/09/2026, cache vide, fenêtre de 1440 × 900 pixels, médiane de 3 chargements.
La scène compare le poids et le nombre de requêtes des deux accueils, mesurés le même jour. L’ancien accueil est mesuré dans sa dernière version, restée en ligne depuis le changement de site, en août 2026.
On ne le cache pas, ça n’est pas encore parfait, mais ça a été notre ambition du début à la fin.
Et pour servir cette ambition, on a fait le pari pour le développement de ce site de nous en occuper nous-mêmes. Rester maîtres de notre projet, de A à Z. Mais ça c’est une autre histoire qu’on vous racontera dans un prochain article !
Un coup de pinceau jaune citron balaie l’accueil de 2020 et révèle celui de 2026.

